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dimanche 17 mars 2013

Le Cycle d'Oz - L.Frank Baum

- Aller simple pour Le Monde Fantastique d'Oz -



Le Cylcle d'Oz
L. Frank Baum
mars 2013



- Présentation de l'éditeur -
Le Magicien d'Oz raconte l'histoire de Dorothy, une petite fille qui vit au Kansas chez son oncle et sa tante. Emportée par un cyclone avec son chien Toto, elle se retrouve dans un étrange pays où, avec l'aide de compagnons un peu bizarres – un épouvantail, un homme en fer-blanc et un lion froussard –, elle va affronter non seulement une sorcière particulièrement cruelle, mais aussi des tigres, des singes volants, des loups affamés, une araignée géante...
Le Merveilleux Pays d'Oz est la suite du Magicien d'Oz. Le lecteur y fait la rencontre de Tip, un jeune garçon contraint de servir la sorcière Mombi et qui finit par s'échapper avec Jack, un drôle de bonhomme en bois à tête de citrouille. Ensemble, ils vont s'aventurer dans une contrée merveilleuse et affronter de nombreuses épreuves.

- Mon avis -
Je dois peut-être commencer par avouer que je n'avais jamais approché de prêt ou de loin l'univers du Magicien d'Oz. Je n'avais pas lu l'histoire de L. Frank Baum, pas vu le film de Victor Fleming, peut-être vaguement aperçu un dessin animé dans mon enfance. La seule chose que j'en savais c'est que Dorothy avait des chaussures rouges !
Et bien, ce fût une agréable découverte. Frank Baum dit n'avoir écrit ce livre que pour le "plaisir des enfants" en oubliant la morale propre à chaque roman de son époque : cela fait du bien ! C'est suite aux demandes insistantes de ses "fans" que M. Baum à accepter d'écrire la suite des aventures de Dorothy et de ses compagnons, et il a eu raison. Tout comme le Cherche Midi a raison aujourd'hui de faire paraître l'intégrale de l'oeuvre (et non uniquement le Magicien d'Oz, qui ne représente qu'un dizième des écrits du Cycle d'Oz qui paraîtra en plusieurs volumes).
J'ai trouvé les personnages naïfs, mais d'un naïf mignon, pas d'un naïf agaçant. Ils ont l'air de découvrir la vie avec l'innocence propre aux enfants (ce qui se comprend dans le cas de Dorothy). Ils sont tous aussi attachants les uns que les autres. Quand à l'histoire, elle est digne d'Alice aux pays des merveilles !

- En conclusion -
Ce roman est une bonne occasion de replonger en enfance ! Profitez-en.

samedi 2 mars 2013

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

- Le bouleversement d'une vie -


Les cerfs-volants de Kaboul
Khaled Hosseini 
10/18
2003 (parution originale) 



- Présentation de l'éditeur - 
Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés... Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. «Il existe un moyen de te racheter», lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.

- Mon avis - 
Je partais sans à priori dans une lecture qu'on m'avait recommandée, mais pas totalement transportée d'enthousiasme. Je dois bien avouer que les dessous de la société afghane ne m'intéressait que dans une moindre mesure. 
Et bien, j'ai pris une claque monumentale ! Le genre de claque qu'on aime à prendre. 
J'ai déjà commencé par me mettre à pleurer comme une madeleine de les transports parisiens (et ceux qui me connaissent savent pourtant que je ne suis pas une grande sentimentale) ! En effet, l'histoire de ces deux jeunes garçons que sont Amir et Hassan est totalement bouleversante. Des liens fraternels unissent ces deux êtres que la société oppose pourtant en tout. On découvre des personnages profonds, travaillés avec un soin minutieux. Amir, en quête de reconnaissance de la part de son père et prêt à tout pour attirer l'attention de ce patriarche tout puissant et Hassan, fidèle serviteur désireux de bien faire pour satisfaire son "maître". Ces deux jeunes se construisent ensemble dans une société afghane que l'on prend plaisir à découvrir. 
Puis le drame arrive. Je ne compte pas spoiler la moindre ligne de cette petite merveille. Mais j'ai bien failli arrêter ma lecture à ce moment. J'avais conscience de lire un chef d'oeuvre et pourtant cette lecture était tellement "dérangeante", touchait également tellement à mon histoire personnelle que j'ai bien cru ne pas trouver la force de rouvrir ce livre. 
Mais des avis avisés mon permis de poursuivre, de reprendre espoir... 
Pour ne rien vous cacher, des larmes j'en ai encore versées plus d'une ! (Oh... oui, plus d'une). Mais cela m'a permis de lire une des plus belles oeuvres de ma connaissance. 
En dehors de ses personnages attachants, Khaled Hosseini dépeint l'Afghanistan d'une manière que je ne pouvais soupçonner. Je connaissais mal l'histoire de ce pays et j'ai aujourd'hui envie d'une apprendre plus. J'avais la vision étriquée d'un pays en guerre. Il s'agit en fait d'un pays dont l'histoire mérite d'être découverte et étudiée, un pays qui regorge sûrement de merveilles et surtout la nation d'un peuple qui mérite d'être connu. 

- En conclusion - 
Ouaouh... Je suis désolée de ne pas trouver mieux comme terme pour m'exprimer mais c'est le seul qui semble convenir. 
Si vous n'avez pas encore lu "Les cerfs-volants de Kaboul", foncez vite chez votre libraire. 
C'est dur, ça fait mal, ça remue beaucoup mais qu'est-ce que c'est nécessaire de lire ce genre de choses ! 
C'est une claque monumentale sur les rapports humains, sur ce qu'est un pays en guerre (mais surtout qu'un pays avant d'être en guerre, est un pays, un peuple, une nation), sur l'Afghanistan ! 
Merci à Khaled Hosseini qui nous fait sans aucun doute progresser dans la bonne direction. 




lundi 21 janvier 2013

Charly 9 - Jean Teulé

- Pourtant, il avait bon fond -


Charly 9
Jean Teulé
Pocket
Mars 2012


 - Présentation de l'éditeur -
Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond.
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- Mon avis -
 Ce roman reste totalement dans la veine des Jean Teulé ! Je dirais qu'il est un mélange parfait entre mes lectures précédentes de l'auteur : Le Magasin des suicides et Ô Verlain, entre l'humour noir et l'historique.
Ne nous y méprenons pas, il s'agit bien là d'une fiction historique !!
Charles IX, ahhh... Charles IX. D'abord trop faible pour tenir tête à une mère autoritaire et conspiratrice et à un conseil rangé aux côtés de celle-ci, il finira, sous la pression, par ordonner la Saint Barthelemy et ne se remettra jamais d'avoir ordonné le massacre de son peuple.
Et c'est cette partie de "l'après massacre" qui est fabuleuse. Le roi sombre dans une douce folie qui l'entraîne dans des chasses aux cerfs au coeur du Louvre. Imaginez-vous un cervidé lancé dans une course effréné dans les galeries du château et le roi perché sur son canasson qui lui court après. Si vous souriez à cette image, Charly 9 est fait pour vous.
J'ai tout de même senti en lisant ce livre, qu'un petit retour dans mes livres d'histoire ne me ferait pas de mal... Notamment pour comprendre les liens du roi avec son frère (et futur roi).
Finalement, ce roi fou sait aussi être touchant. Il veut aider son peuple par les moyens en sa possession, notamment en forgeant lui-même des pièces ! Il a en quelque sorte épongé la folie de sa cour et la rejettera par le sang.
Je n'ai pas grande chose de plus à ajouter. Le style de Jean Teulé reste clair, direct et il fait toujours preuve de la même plume acérée (qu'on adÔre !).
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- En conclusion -
Jean Teulé est décidément très bon. Pour moi, ce livre n'est pas son plus réussi mais il vaut sans aucun doute le détour. Je garderai e souvenir d'un bon moment passé avec lui.

samedi 19 janvier 2013

Pour seul cortège - Laurent Gaudé

- Balayée par un souffle épique -

Alors, voilà, c'est parti. Une tartine, un énorme bol de thé et je me lance dans cette chronique avec un chat qui essaie par tous les moyens de s'allonger sur mes genoux à la place de l'ordinateur ! Il ne me manque que le feu de cheminée pour approcher du paradis.


Pour seul cortège 
Laurent Gaudé 
Actes Sud 
Août 2012 


- Présentation de l'éditeur -
En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

- Mon avis -
Autant vous le dire tout de suite, ce livre est mon premier coup de coeur de 2013. J'ai été complètement happée par l'écriture à la fois poétique et épique de Laurent Gaudé.
L'histoire nous emmène dans l'empire d'Alexandre alors que celui-ci est au bord de la mort. Son âme entraînée par la cadence d'une musique souveraine s'accroche à la vie avec la force qu'on lui imagine. Mais on ne détourne pas si facilement la mort de son but et Alexandre a beau être Alexandre, il n'en est pas moins mortel. De son côté, Dryptéïs, princesse de Babylone est rattrapée par le pouvoir alors qu'elle pensait l'avoir laissé derrière elle pour de bon. Elle est appelée aux côtés de l'empereur et prendra la tête du cortège qui doit le ramener sur ses terres natales. C'est de son renoncement total que viendra le salut de celui que l'on appelait "Le Grand".
Les personnages construits par Laurent Gaudé sont surprenants de profondeur et de simplicité (dans le plus glorieux sens du terme). Dryptéïs, en mère prête à tout pour sauver son enfant du poids de l'histoire qui pèse déjà sur ses épaules ; est particulièrement attachante. C'est sur la force de cette princesse/mère que repose ce récit superbement construit.
Quant à l'écriture de Gaudé, ma chronique ne saurait lui rendre justice ! Ses phrases sonnent comme une véritable mélodie qui vous transportent aux confins du monde. J'ai retrouvé, il me semble, le thème cher à Gaudé du "pélerinage" (si je peux m'exprimer ainsi), du moins de la quête de sens, qui m'avait touchée dans Le Soleil des Scorta.

- Pour conclure -
Vous l'aurez compris, j'ai ADORE ce livre. J'ai voyagé, vibré, été émue à l'extrême. Je ne saurais que vous conseiller de le découvrir par vous même. De mon côté, ce n'est qu'un pas de plus dans la découverte de Laurent Gaudé, et les autres suivront très vite !!

vendredi 11 janvier 2013

Qu'avons-nous fait de nos rêves ? - Jennifer Egan

- Quand le passé croise le présent -


Qu'avons-nous fait de nos rêves ?
Jennifer Egan
La Cosmopolite / Stock
2012


- Présentation de l'éditeur -
Qui n'a jamais rêvé de monter un jour sur scène ? De quitter l'ombre pour se retrouver sous les feux des projecteurs ?
C'est l'ambition que partage une petite bande d'adolescents dans le San Fransisco débridé des années 1970. Avec leur groupe de musique punk, ils jouent dans des bars, font des pogos et se donnent l'illusion d'une désinvolture propre à leur jeunesse. Mais le temps passe et l'irrévérence laisse bientôt place aux contraintes de la vie adulte. Bennie, ancien mélomane passionné, est devenu producteur de musique et se contente de sortir des tubes insipides. Lou Kline, dragueur invétéré, se retrouve seul dans sa belle maison. Et que dire de la belle Sasha qui, après un passé tumultueux, a le sentiment d'entraîner les échecs ? Et pourtant, ils n'ont pas dit leur dernier mot.
D'une écriture acérée, Jennifer Egan dépeint les compromissions, les faiblesses et le courage d'une galerie de personnages inoubliables. Restituant le passage du temps et les aléas du désir, elle pose une question essentielle : qu'avons-nous fait de nos rêves ?

- Mon avis -
Je n'ai pas vraiment été séduite par cette lecture. Cette première découverte de Jennifer Egan n'aura pas su me charmer. Et pourtant le titre était attirant. C'est vrai, qu'avons nous fait de nos rêves ? Qui ne s'interroge pas sur ses rêves d'enfant, d'adolescent, de jeune adulte... Qui ne s'est jamais demandé ce qu'il serait devenu s'il avait choisi de se battre pour tel ou tel rêve ?
A vrai dire, je me suis perdue dans la trame mêlée par Jennifer Egan. Je n'ai pas réussi à discerner clairement chaque personnage, à cerner les différentes personnalités. Aucun n'a su provoquer un attachement qui donne me envie de le suivre. Cette sensation est certainement due à l'enchaînement rapide des points de vue. Chaque chapître est dédié à une nouvelle personnalité, à la découverte de l'histoire d'un nouveau personnage. Mais cette alternance rapide à l'inconvenient de laisser un sentiment de "survol" d'un vécu.  Alors bien sûr, les personnages sont liés entre eux, selon des degrés de proximité plus ou moins proches mais les connexions sont parfois trop lointaines...
De plus, je n'ai absolument pas compris les apports de l'insertion d'un certain nombre de schémas dans ce récit (comprenne qui pourra).

- En conclusion -
Ce livre était une des sorties de la rentrée littéraire 2012 qui avait su m'intriguer et me donner envie de le choisir parmis ses nombreux confrères... Finalement, je ne saurais en conseiller la lecture autour de moi. Si certains l'apprécieront sans aucun doute, il ne fait pas partie des ouvrages que j'ai envie de défendre sur la scène littéraire.
Si vous avez eu un sentiment contraire, je serai ravie d'en discuter avec vous !

vendredi 28 décembre 2012

Treize alligators - Gaetano Bolan

- Quand le cocasse questionne - 



Treize Alligators 
Gaetano Bolan 
Le Livre de Poche 
Novembre 2012 


- Présentation de l'éditeur - 
Arica, au Chili. Manuel y est le roi des embrouilles : ce garçon attachant, un peu paumé, vit de trafics minables et se retrouve invariablement dans des histoires compliquées. Un énième larcin l'oblige ainsi à quitter la ville, en compagnie de sa mère, son petit frère et Lucia, une pin-up hystérique. Ils gagnent ensemble Valparaiso où, cherchant un boulot facile et bien payé, Manuel s'acoquine avec les truands locaux. Mais le jeune homme enchaîne les bévues et plonge à nouveau toute la famille dans une situation inextricable, manipulée cette fois par la mafia qui règne sur un vaste trafic d'organes humains... Tour à tour drôle et grinçant, entre fable et film de gangsters, Gaetaño Bolán signe ici une poignante histoire d'amour, de drame et de rédemption.

- Mon avis - 
Je tiens d'abord à remercier Le Livre de Poche pour le plaisir que j'ai eu à ouvrir ma boite aux lettres pour découvrir ce roman d'un auteur que je ne connaissais pas encore. Je salivais, en lisant le résumé, de découvrir un petit bijou déjanté (en ayant en tête Le Magasin des suicides de Jean Teulé, qui m'avait tant plu). J'étais également très attirée par le cadre dans lequel se situe l'histoire : j'ai en effet envie d'en découvrir plus sur la littérature sud-américaine en ce moment ! 
La trame du roman se déroule donc au Chili, Manuel, notre "héro" (si tant est que l'on puisse employer un terme pareil pour le désigner) est un mordu de boxe, ce qui lui vaut de devoir refaire ses dents. Et bien sûr, il va falloir à Manuel trouver l'argent pour financer sa nouvelle dentition. Il devient vite le roi des embrouilles. Mais bien sûr, rien ne se passe comme prévu et il est obligé de fuir sa ville natale accompagné de sa mère, son petit frère et de sa pin-up de chérie. Mais les magouilles ne s'oublient pas si facilement et Manuel retombe vite dans ses travers de truand... 
Le début du roman a été à la hauteur de toutes mes espérances, complètement déjanté : un jeune voyou sans formation qui travaille chez un dentiste véreux pour payer ses dents perdues dans des matchs de boxe (merveilleux), sans parler de sa copine futile, superficielle et hystérique au possible (génialissime).  Le cynique est au RDV et cela fait du bien. La suite ne fait que confirmer le cocasse esquissé dès le départ. Après avoir fui Manuel se retrouve impliqué dans le trafic des 3C : Cocaïne, Crocodiles et Coeurs !! Il ne tarde pas à être en charge d'un crocodile. Et là on se dit qu'en effet, ce livre est un petit bijou déjanté. 
Mais pour moi tout s'est écroulé à la fin (ahh quelle difficulté pour les auteurs de réussir ces fins !). Le cocasse et l'humour laissent place à l'horreur... (si ce n'est pas le cas, j'ai du manquer quelque chose). Cette fin m'a profondément dérangée, et je pense que c'était précisément l'intention de l'auteur : faire réfléchir aux pratiques de notre société (et en l'occurrence au trafic d'organes en Amérique latine). Le côté décalé et loufoque est subitement passé à la trappe et j'aurais souhaité qu'il continu jusqu'au point final. 

- En conclusion - 
Je suis contente d'avoir découvert ce livre mais je reste encore sur ma déception finale. Pour autant, je pense que Treize alligators peut plaire. Gaetano Bolan exploite avec brio le cocasse pour nous amener à une prise de conscience des trafics en Amérique Latine et de l'extrême puissance des trafiquants en tout genre (ou plus exactement des trafiquants de "produits" en tout genre). 


dimanche 25 novembre 2012

La théorie de l'information - Aurélien Bellanger

- Du minitel au web 3.0 -


La théorie de l'information
Aurélien Bellanger
Gallimard
Septembre 2012



- Présentation de l'éditeur -
La Théorie de l’information est une épopée économique française. De l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’apparition d’Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l’irruption d’acteurs nouveaux, souvent incontrôlables.
La Théorie de l’information est l’histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d’entre eux. Adolescent solitaire épris d’informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l’un des hommes les plus riches du monde. La Théorie de l’information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l’histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l’information. Pascal Ertanger s’en voudra le prophète exclusif.
La Théorie de l’information évoque enfin le destin d’une planète devenue un jouet entre les mains d’un milliardaire fou.

- Mon avis -
Inégal, voici mon sentiment concernant cet ouvrage. Je dois bien avouer que j'ai songé plus d'une fois à abandonner ma lecture. Mais je n'aime pas laisser de côté un livre, même quand j'ai du mal à accrocher. J'ai toujours l'impression que la fin pour receler "l'élément" qui en fera un livre grandiose, qu'une chute qui viendra bouleverser tout mon jugement m'attend. Autant vous le dire tout de suite, ça n'a pas été le cas.
La première partie de l'ouvrage revient sur l'arrivée et le deploiement du Minitel en France. Pour moi, qui n'ai pas connue cette période, autant vous dire que cela c'est révélé très "obscur". J'ai appris avec surprise la place du minitel rose dans l'économie de ce media mais sinon j'ai très vite été perdue. Heureusement, le jeune Pascal Ertanger pointe le bout de son nez et on se prend à vouloir connaître ce qu'il adviendra de ce jeune homme renfermé. La deuxième partie revient sur l'arrivée d'Internet et l'ascension sociale (ou plus exactement financière) fulgurant de Pascal Ertanger en France. Enfin la troisième partie voit la chute et le renouveau de notre "héros".
Ce livre alterne des chapîtres consacrés à l'avancée de l'intrigue et ainsi au rôle joué par M. Ertanger dans la mise en place de notre société de l'information et des chapîtres consacrés à la théorie de l'information de Shannon. Autant vous dire que j'ai bien souvent lu en diagonal ou même pas lu du tout ces passages très techniques et proche de l'incompréhensible pour quelqu'un qui lit dans les transports ! Et pourtant, après 5 ans de formation en Information-Communication, je ne suis pas totalement déconnectée de ces problématiques.

- En conclusion -
Et bien non, pas de conclusion ! Je ne sais pas vraiment quoi en penser...

mercredi 14 novembre 2012

Dans le jardin de la bête - Erik Larson

- Dans les arcanes du pouvoir -


Dans le jardin de la bête
Erik Larson
Le Cherche Midi
Septembre 2012


- Présentation de l'éditeur -
1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Sa fille, la flamboyante Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d'entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les Juifs, essaie de prévenir le département d'État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d'employer ses charmes et ses talents au profit de l'Union soviétique. Tous les protagonistes de l'histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

- Mon avis -
Je m'attendais à un très gros coup de coeur sur cet ouvrage. D'abord parce que j'avais lu beaucoup d'avis élogieux chez mes amies blogueuses et parcqu'il me semblait qu'Erik Larson abordait cette période de l'histoire (très présente en littérature) avec un point de vue intéressant. Et forcément, quand on part avec de si grosses attentes... et bien c'est quitte ou double...
Le double n'aura pas vraiment été au rendez-vous pour moi cette fois-ci. Cet ouvrage est pourtant bourré de qualité : on sent l'énorme travail de documentation mené par Larson, sans que cela ne devienne rebarbatif ; on découvre une période sur laquelle on sait finalement peu de chose (cet entre-deux qui existe entre l'arrivée d'Hitler au pouvoir et le début de la 2nde GM) ; on a l'impression de vivre de l'intérieur dans un monde sur le point de basculer...
Et pourtant, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages ni ressenti les sentiments forts auxquels je m'attendais. Le Cherche Midi présente cet ouvrage comme un "thriller sidérant", je le qualifierais plus de documentaire très bien construit. J'ai regretté le fait de ne pas m'emballer, de ne pas fulminer après ce pouvoir américain qui refuse de réagir devant l'évidence, de ne pas détester cette Martha futile au possible...

- En conclusion -
Une lecture sympathique (je n'ai pas songé à abandonner un seul instant), qui nous dévoile un nouveau point de vue sur l'histoire européenne sans nous transporter d'émotion. A recommender aux férus d'histoire !


dimanche 21 octobre 2012

Les versets sataniques - Salman Rushdie


- Une plongée entre Bien et Mal -




Les versets sataniques
Salman Rushdie
Folio
2011 (1988 pour la version originale)







- Présentation de l'éditeur -
 Un jumbo jet explose au-dessus de la Manche. Au milieu de membres humains éparpillés et d'objets non identifiés, deux silhouettes improbables tombent du ciel : Gibreel Farishta, le légendaire acteur indien, et Saladin Chamcha, l'Homme aux Mille Voix. Agrippés l'un à l'autre, ils atterrissent sains et saufs sur une plage anglaise enneigée. 
Gibreel et Saladin ont été choisis pour être les protagonistes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Mais par qui ? Les anges sont-ils des diables déguisés ? Tandis que les deux hommes rebondissent du passé au présent se déroule un cycle extraoridaire de contes d'ammour et de passion, de trahison et de foi avec, au centre, l'histoire de Mahound, prophète de Jahilia, la cité de sable - Mahound, frappé par une révélation où les versets sataniques se mêlent au divin.
Salman Rushdie nous embarque dans une épopée truculente, un voyage de larmes et de rires au pays du Bien et du Mal, si inséparablement liés dans le coeur des hommes.

- Mon avis -
Je vais être très brève, car je reste sans grand chose à dire sur ce livre.
J'ai voulu débuter ma lecture en laissant de côté la polémique autour de la publication de ce livre et tenter de comprendre par moi-même pourquoi cet ouvrage avait suscité de telles réactions de la part d'une partie de la communauté musulmane.  
Ma lecture finie, la seule chose dont je me rends compte est de ma totale ignorance dans ce domaine. J'ai le sentiment d'être "passée à côté", de ne pas avoir compris le message de M.Rushdie par manque de connaissances. Si quelqu'un se sent l'âme de m'expliquer, je serais ravie de partager sur le sujet...

mardi 9 octobre 2012

Gains - Richard Powers


- Les conséquences de l'hyper-consommation -



Gains
Richard Powers
Le Cherche Midi
Août 2012


- Résumé -
1830. La famille Clare crée à Boston une petite entreprise de savon. Celle-ci va évoluer au rythme des États-Unis et devenir, un siècle et demi plus tard, une véritable multinationale. Des plantes médicinales aux cosmétiques, détergents et autres insecticides, des pionniers inventifs au règne de la communication et du libéralisme, le chemin sera long et impitoyable.
1998. Laura Bodey, 42 ans, divorcée, mère de deux enfants, travaille dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, siège des usines de Clare Inc. Sa vie va basculer et son destin converger d'une façon inattendue avec celui de la multinationale, faisant d'elle une victime révoltée par l'idée de fatalité.
Après Trois fermiers s'en vont au bal et Le Temps où nous chantions, Richard Powers ausculte l'influence du libéralisme sur la vie quotidienne et les destinées individuelles. Animéà la fois par une vision globale et une rare puissance émotive, il plonge le lecteur dans les contradictions de la société de consommation, et met en scène avec brio et tension les gains et les pertes auxquels est confronté l'humain.

- Mon avis -
Autant le dire j'ai été pas mal remuée par ce livre.
Il alterne l'histoire de la famille Clare qui (comme dit dans la présentation de l'éditeur) va créer une véritable multinationale et de Laura, mère de famille dont la vie va être bouleversée par l'entreprise Clare.
Il y a donc tout d'abord le côté multinationale : on découvre comment une simple usine de savon se transforme au fil des siècles (et sur le territoire américain ou tout semble possible) en un "monstre commercial" (n'y voyiez aucun jugement de valeur). On découvre les apports de chacun des membres de la famille, puis comment l'entreprise familiale n'a plus rien de familial... Quels choix elle fait pour survivre aux différentes crises économiques etc. Mais pour être franche, j'ai été assez vite lassée des grandes descriptions techniques de cette multinationale qui a du mal à s'humaniser (malgré les efforts de l'auteur pour la rattacher à ses fondateurs).
Heureusement, ce point de vue est contrebalancé par celui de Laura (qui habite dans la ville du siège social de Clare) et qui va vite découvrir qu'elle est atteinte d'un cancer. Si j'ai été déçue par le côté "Clare", j'avais hate de retrouver le côté "Laura". On suit son évolution face à la maladie : l'envie de se battre, le désespoir, l'espoir, la force du corps (ou plutôt son extrême faiblesse), ainsi que les réactions de ses proches. Et là, et bien c'est une grande claque (salvatrice). Autant le dire, c'est dur ! Qui aujourd'hui, ne connait pas quelqu'un dans son entourage atteint d'un cancer ? Qui ne s'est jamais posé de questions sur l'origine des cancers ? Richard Powers ne nous épargne pas. Mais peut-être est-il temps qu'on arrête de nous épargner. Peut-être est-il temps que l'on se pose les bonnes questions sur le monde dans lequel et on vit et sur le monde dans lequel on souhaite vivre à l'avenir. Et si l'on commençait à questionner notre manière de "consommer".

- En conclusion -
Je tire mon chapeau (admettons que j'en ai un) à M. Powers, que j'ai découvert à travers cet ouvrage (et dont je ne manquerais pas de lire d'autres livres). Cette réflexion sur notre société est menée avec justesse. Si j'ai regretté le fait que la société Clare soit "déshumanisée" durant ma lecture, je trouve à présent cette construction nécessaire : et oui, c'est bien Laura, l'humain, face à la démesure de Clare.
J'ai également apprécié que cette réflexion sur la consommation (et disons le, notre santé) soit menée par un américain.



dimanche 19 août 2012

Sur la route - Jack Kerouac

- A LA CONQUETE DU MONDE -



Sur la route
Jack Kerouac
Folio 
Juillet 1976 


- Résumé -
Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est ce que cela pouvait me foutre ?... Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare.

- Mon avis -
 Il faut déjà que je vous raconte l'histoire de ce livre. Il est étrange de constater comme certains livres ont déjà une histoire avant même d'avoir tourné une seule de leurs pages. Donc pour la petite histoire, cette année [comme l'an dernier d'ailleurs], j'ai travaillé comme libraire sur le salon du livre de Paris pour les éditions Gallimard. Et il se trouve que les éditions Gallimard offrent un certains nombre de livres aux personnes travaillant pour elles. J'ai donc passé la durée du salon à me demander quels livres j'allais choisir. Un équilibre entre "nouveautés" et "classiques" me paraissaît être une bonne solution. Le seul petit problème : le fonds Gallimard laisse plus que le choix pour ce qui est des "classiques". Bref, Sur la Route fait partie des "classiques" pour lesquels je ne me suis pas trop posée de questions...
Suite de l'histoire quelques mois après avec sa lecture. Et quel voyage...
J'ai beaucoup de mal à décrire ce que j'ai pu ressentir en lisant ce livre. J'ai beaucoup aimé c'est sûr, mais je suis passée par beaucoup d'émotions. J'ai déjà passé quelques temps à me demander quand l'ouvrage allait enfin démarrer, quand "l'action" allait se déclencher, avant de comprendre que l'action j'étais dedans depuis les premières pages. Et puis enfin, j'ai réussi à pénétrer dans cette ambiance si particulière. J'ai retrouvé "Into the Wild", ces paysages fabuleux et surtout le périple d'un homme hors du commun !
J'ai découvert avec plaisir la "Beat Generation" et son chef de file : Jack Kerouac. Et j'ai cru découvrir, au fil des pages, les dignes descendants de la philosophie transcendantaliste prônée par Thoreau et Emerson [j'en reviens à Into The Wild].

En conclusion, c'est un très bon roman initiatique, parfait reflet d'une époque [et plus que d'une époque, d'un mouvement en train de naître]. La route, on la parcourt avec Sal et Dean. On pourrait prendre place à leurs côtés dans les différentes voitures les menant on ne sait où...
Mais je ne sais pas ce que je garderai de ce roman dans les années à venir. Il me semble que je ne serai que capable d'en dire "c'était particulier, mais j'ai bien aimé".